Jared Diamond est né le 10 septembre 1937 à Boston et y a grandit. Diplômé de l’université Harvard en 1958, il obtient sa thèse en 1961 à l’université de Cambridge en physiologie. Il est nommé professeur de physiologie à l’UCLA Medical School en 1966. Il commence alors une seconde carrière de biologiste en étudiant l’écologie et l’évolution des oiseaux de Nouvelle-Guinée. Dès la fin des années 1980, il s’intéresse à l’histoire de l’environnement et devient professeur de géographie à l’UCLA, poste qu’il occupe toujours actuellement. Auteur de nombreuses publications,il est aussi connu pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique. Il a reçu de nombreux prix honorifiques pour son travail ; le prix Pulitzer de l’essai ;et le Japan’s Cosmos Prize en 1998, et la National Medal of Science en 1999 et en 2013 le Prix Wolf.

  • LE MONDE JUSQU’À HIER

    Les passagers, munis de titres de transport électroniques, de bagages de cabine passés aux rayons X, attendent, guidés par un personnel aux uni­formes seyants et sous l’œil d’une police affairée à regarder les écrans de contrôle de sécurité, d’embarquer pour Wapenàmanda, Goroka, Kikori, Kimdiawa et Wewak. Nous sommes à Port Moresby, capitale de la Papouasie­ Nouvelle-Guinée. Rien que de normal. L’essentiel est ailleurs : ces hommes d’équipage, ces policiers à gadgets électroniques et ces passagers coutumiers de l’avion sont les descendants directs de ces millions de Papous, découverts par une expédition australienne en 1931, vivant isolés dans leurs diverses vallées montagneuses, en petite sociétés closes, dépourvues d’écriture, de monnaie, d’écoles et de gouvernement centralisé, à un âge trop vite jugé « de pierre». En quelque quatre­-vingts années, la population des Highlands de nouvelle-Guinée a vécu «les  changements qui prirent des millénaires à advenir dans le reste du monde.

    Jared Diamond, qui découvrit la Nouvelle-Guinée en 1964 pour sa pre­mière étude de terrain ornithologique, pose la question, rarement envisagée: que nous apprennent ces Papous de ce que les Occidentaux ont perdu avec la disparition des sociétés traditionnelles – ces sociétés structurées : en groupes de faible densité de population (allant de quelques dizaines à quelques milliers d’individus), subsistant de la chasse et de la cueillette, de la culture ou de l’élevage, et que les contacts avec les grandes sociétés industrielles ont transformées de façon limitée? Elles ont en effet inventé des milliers de solutions aux problèmes humains différentes de celles adoptées par nos sociétés modernes. Certaines – par exemple, des manières d’élever les enfants, de traiter les personnes-âgées, de demeurer en bonne santé, de bavarder, de passer le temps libre, de pratiquer le multilinguisme ou de régler les litiges – semblent suppérieur à celles des pays occidentalisés et riches. Les sociétés traditionnelles peuvent nous inspirer quelques meilleures pratiques de vie, mais également nous aider à évaluer d’autres avantages de notre propre société que nous avons fini par considérer comme normaux.

     

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